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Saxofan

Le djembé, tambour à peau des Mandingues d'Afrique de l'Ouest

Actualisé le

Djembé en bois avec peau tendue par des cordes

Le djembé est un instrument de musique, un tambour d'Afrique de l'Ouest en forme de gobelet, taillé dans un tronc de bois et couvert d'une peau de chèvre tendue par des cordes. Associé au peuple mandingue, il se joue à mains nues et produit trois sons de base : la basse, le ton et le claqué.

Comment est fait un djembé ?

Un djembé est une percussion à peau de forme conique évasée, dont le fût en bois est taillé d'une seule pièce dans un tronc évidé. L'instrument mesure souvent autour de 60 cm de haut, avec une peau d'environ 30 à 35 cm de diamètre, même si les proportions varient d'un facteur à l'autre. Le haut du fût s'évase en coupe, ce qui donne les sons aigus, tandis que le pied, plus étroit, libère les basses.

La peau est le plus souvent de chèvre, parfois de vache ou d'antilope, et tient par un cerclage métallique relié à des cordes ou à des tendeurs. Plus on serre ces cordes, plus le son monte. Des cercles de fer intermédiaires, serrés par un nœud en spirale, maintiennent la tension de l'ensemble. Parmi les instruments de percussion, il se remarque par la richesse de sa palette avec de simples mains.

Les trois sons du djembé : basse, ton et claqué

Le djembé produit trois sons de base, selon l'endroit où la main frappe la peau. Chacun correspond à un geste précis et à une zone du tambour, et la combinaison de ces sons forme tous les rythmes.

SonGesteEffet
BasseMain à plat au centre de la peauSon grave et rond, qui sort par le pied du fût
TonDoigts joints près du bord, main qui rebonditSon médium, plein et clair
ClaquéDoigts écartés qui fouettent le bordSon aigu et sec, qui porte loin

La qualité du claqué fait la réputation d'un joueur : un claqué net, sans bruit parasite, demande une main souple et un rebond rapide. Les débutants s'y exercent en lents répétitions avant de l'insérer dans un rythme.

D'où vient le djembé ? Mandingue et Afrique de l'Ouest

Le djembé vient de l'aire culturelle mandingue d'Afrique de l'Ouest, une région qui recouvre en partie le Mali, la Guinée, le Sénégal et la Côte d'Ivoire actuels. Son nom vient probablement du bambara, langue mandingue, selon l'Office québécois de la langue française. L'ancienneté exacte de l'instrument reste incertaine, faute de textes écrits : les sources le rattachent à l'empire du Mali, structuré au XIIIe siècle, sans qu'une date précise de naissance puisse être donnée.

Traditionnellement, le djembé accompagne les fêtes villageoises, les mariages, les cérémonies de passage et les travaux collectifs. Sa fabrication et son jeu se sont transmis oralement de génération en génération, souvent au sein de familles de musiciens. À partir du XXe siècle, des ensembles de Guinée et du Mali l'ont fait connaître hors d'Afrique, où il est devenu un des tambours les plus joués du monde.

Le djembé en ensemble : dununs et rythmes traditionnels

Le djembé se joue rarement seul dans la tradition mandingue : il évolue dans un ensemble où les dununs, gros tambours cylindriques frappés avec une baguette, tiennent la base rythmique. Trois dununs sont courants : le dundunba, le sangban et le kenkeni, du plus grave au plus aigu, souvent accompagnés d'une cloche.

Le djembé d'accompagnement répète la phrase de base, tandis que le djembé soliste improvise par-dessus et répond aux danseurs. Chaque rythme porte un nom et correspond à une occasion, qu'il s'agisse d'une danse de récolte, d'une fête de mariage ou d'une célébration. Cette organisation en couches superposées explique la richesse polyrythmique qui fascine les musiciens du monde entier.

Jouer du djembé : position, mains et premiers rythmes

Pour jouer du djembé, on peut rester debout, le tambour porté à la hauteur de la taille par une sangle, ou s'asseoir en le serrant entre les jambes, légèrement incliné vers l'avant. Dans les deux cas, la peau reste face à la main et le pied du fût dégagé, pour que les basses puissent sortir.

Un premier exercice consiste à alterner les mains droite et gauche sur une basse, puis à ajouter un ton et un claqué. La main qui rebondit comme sur une surface chaude est le principe de tous les sons : jamais écraser la peau, toujours la frapper et la libérer. En groupe, les élèves apprennent par imitation, souvent avec un professeur qui chante les rythmes avant de les jouer. Pour un rythme plus compact, assis sur une caisse, le cajon offre une autre voie de percussion à mains nues.

Choisir et entretenir un djembé

Pour choisir un djembé, on examine la taille, le bois, la peau et le montage des cordes. Un fût plein et bien sec évite les fentes, une peau sans trous ni déchirure assure un son franc, et des cordes tendues de façon régulière donnent un instrument qui sonne juste d'un côté comme de l'autre. Les facteurs africains fabriquent des modèles solides, dont certains sont destinés à l'export ; des ateliers occidentaux proposent aussi des djembés à tension à vis.

La peau se détend avec l'humidité et la chaleur, aussi faut-il retendre les cordes avant de jouer et protéger le tambour des variations brusques de température. Une housse évite les chocs en transport. Un djembé à tension à vis, ou un modèle à peau synthétique, résiste mieux aux variations climatiques que la peau naturelle.

Pour qui s'intéresse aux percussions mélodiques, le handpan prolonge la même idée du jeu à mains nues, avec des notes accordées plutôt qu'un tambour à peau.

Le djembé dans la musique africaine et dans la musique du monde

Le djembé occupe une place centrale dans la musique africaine d'Afrique de l'Ouest, où il accompagne la danse, le chant et les cérémonies. Hors d'Afrique, il s'est imposé dans les musiques du monde, dans des ensembles de percussions et, plus rarement, dans le rock ou la pop, où il rejoint la batterie ou remplace les congas. Parmi les grands maîtres guinéens qui ont diffusé la technique du djembé à l'étranger, on cite souvent Mamady Keïta et Famoudou Konaté.

Comme d'autres percussions à main, le tambourin, la darbouka, les congas, le bongo ou la timbale, le djembé se joue sans baguette ni pédale. À la différence de la batterie, il n'a pas de cymbale, et c'est la richesse des sons de la main qui fait sa musique. Le percussionniste débutant apprend d'abord la technique de la main, puis le répertoire de rythmes traditionnels, avant de s'aventurer vers l'improvisation. Quelques minutes de pratique chaque jour valent mieux qu'une longue séance isolée, comme pour tout instrument musical.

Djembé et tradition orale : apprendre par le rythme

La transmission du djembé reste orale : le maître chante une phrase rythmique avec des syllabes, comme « dun, ga, do », que l'élève répète avec les mains avant de la jouer sur le tambour. Cette pédagogie lie la voix, le corps et l'instrument, et permet de retenir des rythmes parfois longs sans partition. Pour les élèves francophones, les stages et ateliers de percussions africaines, proposés par des associations et des écoles de musique, prolongent cet apprentissage.

Les rythmes traditionnels s'accompagnent de chants, de danses et de gestes. Un musicien apprend ainsi non seulement une technique, mais aussi un contexte culturel : pourquoi tel rythme ouvre la fête, tel autre accompagne la récolte, tel autre célèbre un mariage. Cette dimension musicale et sociale du djembé en fait un instrument de rassemblement.

Bois massif, tension et durabilité : le système de montage du djembé

Le djembé traditionnel se monte avec un système de tension en cordes et en anneaux de fer, qui existe depuis des générations et que les facteurs maîtrisent à la main. Un fût en bois massif, sculpté dans un seul tronc, offre une sonorité riche et une grande durabilité, à condition de rester à l'abri de l'humidité et des chocs. Avec l'évolution de la facture, d'autres types de montage sont apparus, comme la tension à vis ou à clé, qui facilitent l'entretien et la sécurité du réglage.

La maintenance d'un djembé reste légère : un soin régulier de la peau, un retendage avant chaque séance et un rangement au sec. Un petit djembé, ou mini-djembé, convient aux enfants et aux ateliers d'éveil, tandis que la grande taille s'emploie en ensemble pour les basses. La marque de l'instrument compte moins que la qualité du bois, du cordage et de la peau, et un instrument d'artisan se reconnaît à la régularité de son fût.

Culture, expression et communauté autour du djembé

Au-delà de la technique, le djembé porte une culture : il rassemble une communauté autour d'un même rythme, exprime la joie, la fête, le deuil ou la communication entre villages. Des ateliers d'éducation musicale, en milieu scolaire ou associatif, proposent le djembé comme moyen d'expression collective, car chaque participant tient une partie dans un ensemble. En cours collectif, on fait souvent tourner les rôles entre accompagnement et solo.

Questions fréquentes sur le djembé

Comment se prononce djembé ?

Le mot se prononce « djem-bé », avec un « dj » initial et un « é » final accentué.

Quels sont les trois sons du djembé ?

Ce sont la basse, grave, le ton, médium, et le claqué, aigu, produits en frappant à des endroits différents de la peau.

Dans quelle peau est fait un djembé ?

La peau est le plus souvent de chèvre. On trouve aussi des peaux de vache, d'antilope ou en matière synthétique.

Le djembé est-il facile à apprendre ?

Les premiers sons arrivent vite, mais le claqué net et la fluidité des rythmes demandent du travail régulier.

Source de référence : Office québécois de la langue française, fiche Djembé.

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