Le ukulélé est un instrument de musique à quatre cordes pincées, né à Hawaï à la fin du XIXe siècle d'après des instruments portugais. Ce petit ukulélé en bois s'accorde sol, do, mi, la et se décline en quatre tailles, soprano, concert, ténor et baryton, pour l'enfant comme pour l'adulte.
Qu'est-ce qu'un ukulélé et comment est-il fait ?
Un ukulélé est un des plus petits instruments à cordes pincées : une petite guitare à quatre cordes, à la caisse en forme de huit, dont le manche porte des frettes métalliques. À la différence du piano, ce ukulélé se transporte partout, et la musique qu'il accompagne va de la chanson hawaïenne à la pop. Le musicien peut modifier sa sonorité en changeant les cordes, sans modifier le reste de l'instrument. La table est percée d'une rosace ronde, le chevalet maintient les cordes, et la tête de manche reçoit quatre mécaniques. Le bois utilisé va de l'érable à l'acajou, et le koa hawaïen reste la matière emblématique des modèles de tradition.
Les cordes sont en nylon ou en fluorocarbone, plus rarement en boyau, ce qui donne un son doux et une pointe aux doigts bien moins marquée qu'avec l'acier d'une guitare. Cette souplesse explique en partie le succès de l'instrument auprès des enfants et des débutants. Le timbre d'un ukulélé peut se modifier avec les années, à mesure que le bois vieillit. Sa petite taille facilite aussi le transport : on le glisse dans un sac à dos.
Les quatre tailles de ukulélé : soprano, concert, ténor, baryton
Les tailles de ukulélé se distinguent par la longueur du manche et de la caisse, donc par l'écartement des frettes, le volume et la rondeur du son. Le soprano est la plus petite et la plus répandue, tandis que le baryton, le plus grand, sonne plus grave et se rapproche de la guitare.
| Taille | Longueur totale approximative | Caractère |
|---|---|---|
| Soprano | autour de 53 cm | Son vif et typique, cases rapprochées |
| Concert | autour de 58 cm | Plus de place pour les doigts, son un peu plus rond |
| Ténor | autour de 66 cm | Plus d'ampleur et de graves, manche confortable |
| Baryton | autour de 76 cm | Registre grave, accordage différent |
Ces longueurs varient un peu d'un fabricant à l'autre ; elles donnent un ordre de grandeur. Pour de petites mains ou un premier achat, le soprano et le concert restent les plus pratiques, alors qu'un adulte aux grands doigts se sentira souvent plus à l'aise sur un ténor.
L'accordage du ukulélé : sol, do, mi, la
L'accordage standard du ukulélé soprano, concert et ténor est sol, do, mi, la, de la quatrième corde à la première. La particularité tient à la quatrième corde : elle est accordée plus haut que la troisième, ce qui s'appelle un accordage réentrant. Il donne à l'instrument sa sonorité enjouée et ses accords serrés.
Certains musiciens remplacent le sol aigu par un sol grave, dit « low G », pour obtenir une base de basse plus ample. Le baryton, lui, s'accorde ré, sol, si, mi, comme les quatre cordes aiguës d'une guitare, ce qui permet de reprendre des doigtés de guitare. Un accordeur électronique à pince, fixé sur la tête du manche, règle chaque corde en quelques secondes.
Histoire du ukulélé : du Portugal à Hawaï
Le ukulélé descend de petits instruments portugais à quatre cordes, le machete de Braga et le cavaquinho, petits instruments à cordes pincées comme la mandoline, apportés à Honolulu en 1879 par des immigrants venus de Madère à bord du navire Ravenscrag. Les noms de João Fernandes, Augusto Dias, Manuel Nunes et José do Espírito Santo sont associés à cette arrivée, même si une part du récit relève de la légende.
Les luthiers installés à Hawaï ont adapté le modèle portugais, changé les bois et affiné les proportions. Le nom hawaïen, souvent traduit par « puce qui saute », évoque la vivacité des doigts sur le manche. L'instrument a gagné les États-Unis dans les années 1910 et a connu un grand engouement à travers le monde au XXe siècle, puis une nouvelle vague de popularité avec les vidéos en ligne et les ensembles de ukulélés d'écoles et d'associations.
Jouer du ukulélé : premiers accords et rythmes simples
Jouer du ukulélé se commence avec très peu d'accords, car beaucoup de chansons populaires se jouent avec quatre d'entre eux. Do majeur ne demande qu'un seul doigt, posé sur la troisième case de la corde la ; la mineur et fa majeur font partie des premiers apprentissages, puis sol majeur complète la série.
- Do majeur : un doigt suffit, c'est l'accord de départ.
- La mineur : un doigt sur la deuxième case de la corde sol.
- Fa majeur : deux doigts, sur la corde mi et sur la corde sol.
- Sol majeur : trois doigts, et le premier passage qui demande un peu d'entraînement.
Côté rythme, le geste de base est un balayage de la main droite, vers le bas puis vers le haut, avec l'index ou le pouce. On peut ensuite alterner arpèges et grattés. Parmi les instruments à frettes, peu s'apprennent aussi vite que celui-ci.
Le ukulélé et ses cousins à cordes pincées
Le ukulélé s'intègre à la famille des instruments à cordes pincées et frettées, qui compte la guitare, la mandoline et le banjo. Par rapport à une guitare électrique, il se passe d'amplificateur, de câble et de réglages de son : il suffit de l'accorder et de jouer.
Son répertoire s'étend de la musique hawaïenne à la pop, au folk et au jazz des années 1920. On le retrouve en solo chanté, en petit orchestre ou en accompagnement d'une chorale scolaire, et certains artistes en ont fait un instrument de virtuose.
Entretien et choix d'un premier ukulélé
Un ukulélé s'entretient simplement : on l'essuie après le jeu, on le range à l'abri de la chaleur et de l'humidité, et on change les cordes quand elles deviennent ternes ou refusent de tenir l'accord. Les cordes neuves en nylon se détendent pendant les premiers jours, d'où la nécessité de les réaccorder souvent.
Pour un premier instrument, il convient de vérifier trois points : un manche droit, des frettes bien finies sans bords saillants, et des mécaniques qui tiennent l'accord. Un modèle entièrement en bois massif sonne généralement mieux qu'un modèle en contreplaqué, mais ce dernier résiste bien aux chocs et à l'humidité, ce qui convient à l'usage en classe ou en voyage.
Ukulélé acoustique, électro-acoustique et banjo-ukulélé
Le ukulélé acoustique n'a besoin d'aucune électronique : sa caisse suffit à amplifier le son. Le ukulélé électro-acoustique, lui, porte un micro intégré sous le chevalet et une prise jack, ce qui permet au musicien de le brancher sur une sonorisation de scène. Le banjo-ukulélé, plus rare, associe une caisse ronde à peau, comme celle d'un banjo, à un manche de ukulélé : son timbre sec et métallique a marqué la musique de music-hall des années 1920 et 1930, notamment grâce à George Formby.
Un ukulélé acoustique convient au salon, à l'école et à la plage, tandis que l'électro-acoustique intéresse celui qui chante en public. Dans les deux cas, le musicien peut modifier la sonorité en changeant les cordes, en modifiant la hauteur du chevalet ou en modifiant le réglage de l'accord ; chaque ukulélé répond différemment à ces réglages.
La musique du ukulélé : styles, musiciens et répertoire
La musique jouée au ukulélé couvre un répertoire étendu : chansons hawaïennes, standards de jazz des années 1920, pop, folk, reprises de chansons de variété et mélodies de films. Un musicien peut s'accompagner en chantant, jouer en solo une mélodie en notes isolées, ou participer à un orchestre de ukulélés, où chacun joue une partie différente. Le ukulélé se prête bien à la reprise d'un thème célèbre, parce que sa gamme et ses accords simples permettent d'arranger un air en quelques minutes.
Parmi les musiciens qui l'ont fait connaître, le chanteur hawaïen Israel Kamakawiwoʻole a donné au ukulélé une audience mondiale avec sa reprise de Somewhere Over the Rainbow, devenue l'un des enregistrements les plus écoutés de l'instrument. À la différence du piano, qui impose une position fixe, le ukulélé se transporte et se joue debout, assis ou en marchant, ce qui explique sa présence dans les fêtes, les camps de vacances et les spectacles de rue.
Le ukulélé pour enfant : un instrument léger pour les plus jeunes
Le ukulélé pour enfant est un instrument léger, aux cordes douces, que l'on peut utiliser dès l'école primaire pour s'initier à la musique. Un jeune enfant tient facilement un soprano, et ses doigts n'ont pas besoin de s'écarter beaucoup pour former les premiers accords. Beaucoup d'enseignants en classe utilisent le ukulélé pour faire chanter les élèves en groupe, car quatre cordes et une poignée d'accords suffisent pour accompagner des comptines.
Les parents qui choisissent un ukulélé d'enfant vérifient que les cordes ne sont pas trop dures pour les doigts et que l'instrument reste assez léger pour être tenu longtemps. Le besoin d'accorder fréquemment les cordes neuves peut surprendre un débutant : un accordeur à pince règle ce souci en quelques secondes. Un enfant peut aussi modifier sa façon de gratter, utilisant d'abord le pouce, puis l'index, et enfin la main entière, pour trouver le geste qui lui convient. Certains adultes apprécient aussi cette approche progressive, en autodidactes.
Régler son ukulélé : accord, cordes et position des doigts
Régler un ukulélé revient à modifier la hauteur de chaque corde par la mécanique jusqu'à retrouver sol, do, mi, la. Quand une corde reste trop basse malgré plusieurs réglages, elle est peut-être usée ou mal posée sur le chevalet ; il convient alors de la remplacer. Modifier l'accord sans raison déséquilibre les autres cordes, car la tension du manche change légèrement à chaque réglage : on accorde donc toujours les quatre cordes ensemble.
La position de la main gauche influence aussi la justesse : en appuyant trop fort, on modifie la hauteur de la note et elle sonne trop haut ; en appuyant trop peu, elle bourdonne. Un bon réglage consiste à appuyer juste derrière la frette. Pour les gauchers, un ukulélé se joue à l'envers en modifiant l'ordre des cordes, ou se choisit dans une version conçue pour eux. Dans tous les cas, modifier le jeu pour l'adapter au corps de l'instrumentiste vaut mieux que forcer une posture.
Prononciation, origine du mot et accessoires du ukulélé
Le mot ukulélé se prononce « ou-kou-lé-lé » : la prononciation hawaïenne garde chaque voyelle. Son origine linguistique est hawaïenne, et il évoque, selon l'explication la plus citée, une puce qui saute. Le ukulélé ressemble à un petit luth moderne : comme le luth, il possède une caisse bombée et des cordes pincées, mais il s'accorde sur quatre notes seulement, ce qui le rend plus simple à jouer qu'un violon, un alto ou une guitare.
Parmi les accessoires utiles, on trouve la housse de transport, le médiator en feutre, la sangle pour jouer debout et l'accordeur à pince. Les dimensions du ukulélé rendent ces accessoires légers : le type de housse change simplement avec la taille de l'instrument. Un exemple de caractéristique à vérifier avant l'achat est la longueur de diapason, c'est-à-dire la longueur de corde vibrante entre le sillet et le chevalet, qui détermine l'écartement des cases. À la différence d'un instrument à vent ou d'un tambour, il ne demande ni souffle ni baguettes : la technique tient dans les doigts et le poignet.
Le ukulélé reste un instrument mobile et traditionnel à la fois : on le range facilement dans un sac, et il accompagne depuis plus d'un siècle les chants d'Hawaï. Pour modifier le son d'un ukulélé, le plus simple consiste à changer de type de cordes : le nylon donne un son chaud, le fluorocarbone un son plus clair. Un cours en groupe ou un tutoriel en ligne permet de progresser sans matériel compliqué, et chacun peut modifier le rythme de son apprentissage selon son temps disponible.
Questions fréquentes sur le ukulélé
Combien de cordes a un ukulélé ?
Un ukulélé standard a quatre cordes. Il existe aussi des modèles à six ou huit cordes, dont les cordes sont doublées, mais ils restent plus rares.
Quel est l'accordage du ukulélé ?
Il s'accorde sol, do, mi, la pour les tailles soprano, concert et ténor, et ré, sol, si, mi pour le baryton.
Quelle taille de ukulélé choisir pour débuter ?
Le soprano et le concert conviennent à la plupart des débutants. Le ténor offre plus de place aux doigts, et le baryton intéresse surtout les guitaristes.
Faut-il savoir lire la musique pour jouer du ukulélé ?
Les grilles d'accords et les tablatures suffisent pour accompagner de nombreux morceaux. La lecture de partition vient en complément, pour qui veut aller plus loin.
